Le monde va bien trop vite. Assis devant un écran d’ordinateur, on twitte, on s’affiche sur son profil Facebook, on « communique » sur msn, irc et compagnie. On abrège les mots, on les coupe, on les tronçonne, on leur fait subir un martyr qui les réduit à un code binaire trop souvent illisible.
De temps en temps, il m’arrive de lever les yeux de l’écran pour regarder par la fenêtre. Parfois, je ne me rends même pas compte que le soleil brille, qu’un nuage particulièrement magnifique passe au-dessus de nous, qu’un arc-en-ciel referme la parenthèse d’une ondée orageuse.
Ce ne sont là que des clins d’oeil de la météo. Mais que dire du rire d’une joyeuse bande d’enfants traversant la rue. La démarche sereine et sage d’un vieillard revenant de chez le boulanger. Le calme qui précède l’animation au moment où les papas, les mamans rentrent du travail pour donner à manger à leurs marmots …
On passe à côté de beaucoup de choses quand nos yeux sont rivés à l’ordinateur.
On passe à côté de la poésie des simples choses. Celle qui nous permet de s’émouvoir d’un rien et la transformer en bonheur intense de goûter la vie dans son plus simple appareil. Ces choses qui font de l’existence une explosion de couleurs et d’émotions à côté desquelles passer serait un crime : le crime de tuer sa vie à petit feu, de la sacrifier au dieu du numérique. Et se dire, à la fin : je n’ai pas vécu, j’ai oublié.
Alors pour prendre conscience de ces détails, j’ai voulu mettre en place ce paradoxe : raconter, les yeux rivés à mon écran, cette poésie que j’ai pris le temps de relevé dans le carnet de ma vie.
D’une musique, d’un personnage rencontré, d’un cliché volé, d’une page web qui me ressemble (eh oui, cette poésie s’exprime aussi sur le web), j’essaierai de retirer la quintescence de ce qui manque à notre monde informatisé et robotisé : une âme.
Voilà la ligne donnée au blog d’un flâneur, celui de la poésie des simples choses.
Merci Val pour ton superbe site. ça me fais du bien de lire ta poésie.
Tes mots s’enchaînent et forment des phrases douces et rythmées. Elles éveillent en moi en sentiment, un frisson, une rêverie.
Je palpe ton humeur, j’entends tes sentiments.
Je soupire.
Merci.