La chanson de la pluie

Petite fille au parapluie

La Chanson de la pluie

Fin de la nuit, le ciel est gris.
On se réveille sans le soleil.
Sur la fenêtre quel est ce bruit ?
C’est la Chanson de la pluie !

Il va falloir bien se couvrir
Des pieds à la tête pour sortir.
Pour ne pas mouiller ses cheveux,
On met la capuche jusqu’aux yeux.
On n’y peut rien mais c’est l’heure où l’on sort,
Partir à l’école alors qu’il pleut dehors …
On serait bien resté à la maison,
Les pieds au chaud, la couette jusqu’au menton !

Il faut passer entre les gouttes,
Rester bien sec coûte que coûte.
Si on y arrive c’est un miracle !
Faut sauter par-dessus les flaques.
Toute la cour de l’école est sous l’eau.
Il va falloir rester sous le préau.
Les jeux d’hier qu’on avait arrêtés,
On est obligé de les reporter.

Et quand ce s’ra l’heure du goûter ?
Comment on f’ra à la récré ?
Et le pique-nique de fin d’année,
Quand les vacances vont arriver ?
Si le soleil ne vient jamais ?
Si les nuages s’mettent à pleurer ?
Comment va-t-on les consoler ?
Quelqu’un aurait-il une idée ?

Partout on dit qu’il ne fait pas beau,
Mais on oublie que sur les carreaux,
C’est un frisson qui s’évanouit,
C’est la chanson de la pluie.
Quand la nature fait le ménage
Elle nous envoie ses gros nuages
Et dans le noir d’un coup nous plonge
En nous frottant de ses éponges.
Et tout le monde se met à courir
Et toutes les mamans perdent leur sourire :
« Il va falloir nettoyer les maisons
Et frotter ses pieds sur le paillasson ! »
Et dans les rues, on voit les phares
Des voitures qui veulent mieux y voir
Mais qui oublient que sur les trottoirs
Il faudrait mieux faire un écart !

On n’reconnaît plus ses amis :
Sous la pluie ils ont rétréci.
Les passants d’la rue sont tout drôles
La tête rentrée dans les épaules.
On ne jouera plus au ballon,
On range l’été dans un carton,
On attend la belle saison.
Ce soir on chauffe les cheminées,
On sèche les cartables trempés,
On prépare un bon chocolat,
Et on se met en pyjama.

Mais sans la pluie et le ciel gris,
Pas de soleil ni d’arc-en-ciel.
Sans se mouiller de temps en temps,
On n’peut goûter à ses moments.
Et sans les larmes des nuages
Qui nous dévalent sur le visage,
Je ne serais pas venu ici
Pour te chanter
La Chanson de la Pluie.

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