Depuis quelques jours, deux semaines bientôt, nous avons un chat à la maison. Mon rêve : avoir un chat pour travailler à côté de moi. De grands écrivains sont connus pour leurs chats, éternels compagnons de voyages littéraires. De mémoire je citerais Colette qui a même souvent écrit sur son chat, et ce magnifique style qu’elle avait de le décrire chassant non’chat’lamment le lézard.
Mais mon chat à moi est jeune. Pour le moment, il n’a pas le droit d’entrer dans les pièces du haut, mais je lui ouvre la porte de mon antre, rêvant qu’elle vienne (oui c’est une fille) s’installer à côté, sur une chaise libre.
Pour le moment, tout ce qu’elle a su faire, c’est renifler dans tous les coins, éternuer d’avoir trouvé de la poussière ou mordre les câbles informatiques qui trainent ça et là.
Elle m’a aussi octroyé son affection d’une manière plus que sauvage, féline. Etant allongée sur la chaise bleue à côté de mon fauteuil de ministre, elle s’est levée et, prise d’une soudaine envie de calin humain, m’a sauté sur le dos. N’ayant pu trouver accroche sur ma musculature, elle a glissé et a tenté de se rattraper au cuir du dossier. Résultat, une discrète griffure à l’endroit où je pose ma tête quand je pense … (quand ça arrive) (des fois) (pas tout le temps) (rarement) (jamais en fait).
Aujourd’hui, ultime tentative d’adoption intra-muros. Elle refait le tour du domaine. Soudain, prise de convulsions, elle se met à hoqueter, le museau tourné vers le sol.
Ni une ni deux, sentant la galette prête à s’évanouir sur le parquet, je la dirige droit vers le salon, espérant lui faire passer la fenêtre du jardin. Elle se réfugie sous la table basse.
Je remonte, espérant que ces soubresauts n’étaient dus qu’à des éternuements félins, phénomène que je considère encore ne pas connaitre vue ma piètre expérience en la matière.
Quelques minutes plus tard, ayant laissé la porte ouverte, comme une invitation à la réconciliation adressée à mon chat, je l’entend reprendre ses spasmes inquiétants.
Je descends en vitesse et la trouve devant la fenêtre de la cour. Je la saisie sous le ventre espérant ne pas précipiter son contenu plus vite que prévu hors de sa gueule en lui appuyant sur l’estomac et je lui fait faire un bond rapide vers l’extérieur, sur le goudron noir.
Elle reprends sa négociation bileuse, tapie au sol, la tête rentrée dans les épaules en jetant des regards inquiets autour d’elle.
Elle aperçoit un mouvement dans la haie. Elle se déconcentre. Son instinct chasseresse reprend le dessus et n’écoutant que sa bravoure, court se réfugier sous ma voiture.
Je suis remonté, heureux d’avoir épargné le sol du bureau et celui du salon. Mais je ne sais pas si mon chat a réussi à se libérer de ce poids pesant sur sa conscience stomacale, la punissant d’avoir avalé je ne sais quel animal de chair ou de plastique.
En ce qui me concerne, je remonte au bureau, soucieux de n’avoir pu encore, à ce jour, faire entrer mon chat dans ce rôle qui devrait être le sien : chat d’écrivain.
Au fait, mon chat s’appelle Virgule. Point final.
Mort de rire ! J’ai les même problèmes avec mon chien.impossible de le faire tenir en place dans la maison comme un chien normal. Tout le temps à jouer. Mais c’est pour ça qu’on les aime. Un billet bien écrit en passant !